Je n’aime pas ce mot. Il me répugne. Je l’ai toujours détesté et je le haïrais pour toujours !
Pourquoi, je ne le sais pas. Il y a des mots comme celui là que je ne supporte pas les entendre…
Voilà, quelques années, que j’ai eu la chance de rencontrer cette Dame.
Des décennies nous séparaient. Jamais, je n’aurais imaginé croiser le chemin d’une telle personne. Deux portes avec un long couloir nous dissociait et pourtant !
Je me souviens exactement de cette rencontre comme si c’était, Hier. Jamais, je ne l’oublierais ! Certaines nous gravent à vie et rien ni personne ne pourra les effacer.
Donc, cette Dame est rentrer dans ma vie. Plusieurs heures passées ensemble, des liens noués… Puis, un jour, elle m’attendait au bout de sa table. Le moment qu’il me restera de nous c’est celui là… Je lui rendais visite quand elle me posa cette question : « dis-moi, Morgane, voudrais tu être ma p’tite fille de cœur ? »
Je fût surprise parce que pour moi, c’était le cas, la question ne se posait même pas… Donc, je lui répondis naturellement que je voulais bien être sa p’tite fille cœur !
Elle était MA mamie de cœur et moi sa p’tite fille de cœur… et puis honnêtement de sang ou de cœur, quelle est la différence ?
Bref, hier, un coup de téléphone, quelques mots échangeaient… Et…
Mamie est partie, cette nuit…
Mamie est allée s’installer chez sa fille près d’Aix en Provence depuis quelques années. Elle a fait comme toutes ces personnes qu’une fois la retraite arrivait, partent vivre dans le sud. Mais, elle s’était pour finir ces jours avec sa fille. Parce que Mamie tombait de plus en plus souvent. Mamie, n’arrivait plus à tenir sur ses jambes. Et puis, malgré mon possible, Mamie, elle avait besoin de compagnie…Donc, cette situation était la plus adaptée pour Elle.
Je la taquinais en lui disant qu’elle m’abandonnait pour aller se dorer la pilule sous le soleil pendant que moi je restais sous la pluie. Bref, un personnage que j’appréciais. On n’était pas toujours d’accord mais on en discutait, on échangeait malgré nos 69 années de différence… Elle m’a apprit certaines choses, et de mon côté, je faisais pareil…
A chaque fois, qu’on s’appelait, Mamie me demandait si un jour, je descends pour la voir…je ne voulais pas lui dire ‘oui’ si c’était pour ne pas tenir ma parole, je préfère m’abstenir dans ces cas là. Donc, le silence prenait place. Mais combien de fois, j’ai voulu sauter dans le 1er TGV pour la rejoindre, combien de fois… Je savais que si un jour, j’étais amener à la voir, c’était parce qu’elle…
Et voilà, ce jour est malheureusement bientôt arrivé… ce jour se sera vendredi…
Je vais lui dire au revoir définitivement… je suis mal depuis hier, je l’ai pourtant cacher aujourd’hui. Personne ne sait ce que je vis parce que je ne le veux pas ! Parce que je me dis encore une fois qu’il faut sauver les apparences ! Parce que je dois être forte…
Donc, je fais semblant. Je pleure seule. J’ai cette boule dans la gorge qui n’arrive pas à partir, je n’arrive pas à manger…et puis, je continue…parce qu’il le faut, parce que je ne dois pas baisser les bras…parce qu’elle n’aurait pas aimer me voir triste…parce qu’elle voulait que je profite de la vie, parce qu’elle est soit disant belle cette vie !
C’est vrai, je me persuade en me disant qu’elle est belle quand je pense que j’ai rencontrer des personnes superbes ! Ces personnes donnent un sens à ma vie et sans elles, je ne pourrai pas avancer…
De là haut, j’espère qu’elle gardera un œil (voir les deux) sur moi parce qu’elle sera toujours dans mon cœur…et en partant sans me dire en revoir une partie de moi de l’a accompagnée… Je crois que je n’ai peur de rien…une seule et unique chose me terrorise : La mort.
On continue...

6 commentaires:
J'ai le coeur sérré en lisant tes mots. J'ai connu très peu de deuil donc je peux difficilement partager ta souffrance.
Quoi qu'il en soit, il faut penser qu'elle reste là pour toi, dans un coin de ton coeur.
Dans tout les cas, si écrire ne sufffit pas, et que tu as besoin d'une oreille neutre... Tu sais que je suis là.
Bonne semaine Madame la Fée Morgane.
On continue :)
Merci...
On continue.
Chère Morgane,
C'est quand on est confronté "en direct" avec la mort qu'on devient adulte, je crois.
Tu as franchi le pas sans t'en rendre compte: "on continu" est devenu "on continue".
Je suis adulte depuis très longtemps, hélas! :(
Amitiés
P.S. Je connais un tout petit peu, par les blogs, ta lectrice la plus assidue, Adèle...
En effet, tu as sûrement raison.
Cette confrontation va sans doute me faire grandir mais c'est la peur de perdre mes proches qui m'envahit de plus en plus.
Je donnerais ma vie pour sauver une des leurs... bref, c'est une autre histoire.
Merci de ton passage, Amitiés.
ps : une lectrice assidue et un sacré personnage aussi ;-)
il n'est jamais simple de laisser partir les gens que l'on aime... mais à chacun son temps sur ce lieu... une autre vie après, à chacun son point de vue.
Une chose est certaine, elle t'a apporté beaucoup et c'est très important.
Bon courage.
Bibis.
Je suis d'accord avec toi... mais disons que lorsqu'on est petit, on ne s'en rend pas compte et lorsqu'on grandit...
J'appelle Peter Pan ce soir, pour ne pas grandir :)
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